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Lundi 22 juin 2009

 


PREAMBULE

 


« Pourquoi  la burqa ressemble à une tenue d'apiculteur ? Parce que le Taliban ça pique énormément. » Abdelkarim Chankou


« Si l’on plonge une grenouille dans l’eau bouillante, elle bondira instantanément pour fuir, mais si on la met dans de l’eau agréablement fraîche au début et qu’on fait chauffer cette eau graduellement, la grenouille y demeurera jusqu’à ce qu’elle soit ébouillantée et meure. La grenouille serait en effet incapable de détecter à temps l’augmentation graduelle de la température. »

  

Je crois en la laïcité comme un véritable espace de liberté de conscience, ou s’impose naturellement une neutralité religieuse.

Le port de la burqua, comme celui du voile, est avant tout une affirmation politique et idéologique celle d'un Islamisme ultra intégriste. La burqa n'est pas un signe d'appartenance religieuse (puisque ne relevant pas d'une prescription du Coran) mais elle est un symbole de régression de l'humanité et avant tout un signe d’allégeance à l’islamisme le plus totalitaire et le plus rétrograde. C'est un signe de soumission totale que l’on peut directement assimiler à de l’esclavage. Certaines femmes sont peut-être consentantes mais quoiqu’il en soit, ce voile, prison de toile, leur est imposé qu’elles le veuillent ou non. Pour moi, la burqa est synonyme de signe ostentatoire religieux humiliant et sexiste !

L’initiative du député-maire André Gerin réclamant une commission d’enquête sur le port de la burqa et du nihab en France risque de soulever des polémiques, sous prétexte de voir dans cette démarche d'y une attaque violente contre l’Islam.

Pour ce qui me concerne, je considère cet accoutrement totalement aux antipodes de mes valeurs. Par ailleurs, je ne souhaite pas faire preuve de lâcheté, sous prétexte de stigmatisation en tolérant cette forme d'oppression des femmes musulmanes.

Au nom du « il est interdit d’interdire » nous ne devons pas accepter n’importe quoi. Bien que tolérante, notre république a un certain nombre de valeurs sur lesquelles elle ne doit absolument pas transiger.

Notre République laïque interdit le prosélytisme et à plus forte raison doit donc interdire l'intégrisme sous toutes ses formes. J'attends avec impatience le résultat de cette enquête parlementaire mais à priori je dirais qu'il faut faire preuve de courage en la matière et légiférer.


RAPPEL : "Le Conseil d'Etat a confirmé en juin 2008 le refus d'octroyer la nationalité française à une Marocaine musulmane portant la burqa, en fustigeant "une pratique radicale de la religion incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française". Cette décision a été saluée par l'ensemble de la classe politique. L'association Ni putes ni soumises qui lutte contre les violences faites aux femmes et dont est issue Mme Amara s'est dite dans un communiqué "soulagée", estimant qu'elle devait servir d'"exemple pour tous ceux qui se revendiquent des valeurs de la République".

Par RS21 - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Samedi 20 juin 2009

Paul Quilès
– membre du conseil national du parti socialiste et ancien député – répond à Arnaud Montebourg – en charge de la rénovation au PS – qui lui-même avait répondu à la «lettre à ces socialistes qui nous désespèrent» d'Edwy Plenel. Pour revaloriser le travail des élus, il faut d'abord imposer le mandat unique estime Paul Quilès. Nous publions sa lettre.
   
A Arnaud Montebourg,

          
 Secrétaire national du PS à la rénovation,
            Député de Saône et Loire,
            Président du Conseil général de la Saône et Loire
 

Cher camarade,

Tu es chargé au sein de la direction de notre parti de la rénovation. On nous dit que tu présenteras très prochainement des propositions de «rénovation profonde» du PS à ses instances dirigeantes.
J'ai le privilège –que tu partages en partie avec moi– d'avoir connu, après chaque échec du PS, les longues complaintes du remords, suivies des promesses de changement (dénommées, suivant les périodes, «rénovation», «nouvelles pratiques», «refondation», ou même «big bang», ou encore «révolution culturelle»....). Tu as toi-même contribué à médiatiser, avec le talent qu'on te connaît, certains de ces concepts.
Las, les mots finissent par s'user, quand ils reviennent comme des litanies ou des slogans vides de sens, sans jamais s'incarner dans des actes à la hauteur des promesses. Et il ne faut pas oublier ce constat dans la liste des raisons qui éloignent de plus en plus nos concitoyens à ne plus croire à la politique et à ceux qui l'incarnent. On retrouve ce thème, parmi d'autres analyses très pertinentes de l'
excellente interpellation d'Edwy Plenel («lettre à ces socialistes qui nous désespèrent»), à laquelle tu as répondu. 
Dans
ta réponse, tu admets que «le PS est devenu un parti de professionnels, assis sur une accumulation d'intérêts personnels». Alors, nul ne comprendrait que toi qui fus le héraut du non cumul des mandats (avant de dire étrangement que tu n'étais plus «pratiquant»), tu ne proposes pas immédiatement au PS la seule mesure susceptible d'éviter son glissement vers les pratiques mortifères de la SFIO: le mandat unique?
Cette mesure, que je réclame depuis des années, aurait aussi une conséquence d'une extrême importance sur le fonctionnement de nos institutions. En effet, comme chacun le sait, la cause principale de l'affaiblissement du Parlement est le cumul des mandats. Cette «particularité» française s'est accentuée sous la Ve République: en 1936, environ 33% des députés exerçaient un mandat local; sous la IVe République, ce chiffre est monté à 40%; il a dépassé aujourd'hui 90%! Malgré quelques modestes limitations apportées aux plus gros cumuls depuis une vingtaine d'années, la situation actuelle demeure difficilement défendable dans une démocratie digne de ce nom. 
Deux exemples récents ont démontré de façon éclatante la dérive insupportable de ce système. 
Le 14 janvier dernier, le débat  sur l'intervention israélienne à Gaza s'est déroulé à l'Assemblée Nationale en présence d'une quarantaine de députés! Le monde entier s'inquiétait de ces affrontements sanglants, que toutes les télévisions nous montraient presqu'en permanence; des manifestations se déroulaient partout, y compris en France; l'ONU et les grandes puissances s'efforçaient de trouver une issue à ce terrible conflit qui embrasait le Proche Orient; on s'inquiétait de la montée des passions et des risques de "contagion" dans notre pays... et voici que 500 députés au moins avaient considéré qu'ils avaient plus urgent et plus important à faire que d'être présents à ce débat!
Plus récemment encore, début avril, le résultat du vote des députés sur la loi Hadopi –«évènement» qui a fait beaucoup de bruit par ailleurs– a fait apparaître le nombre ridicule de députés qui ont participé au vote: 36, soit 6,2 % de la «représentation nationale». Alors que le thème du piratage sur Internet passionnait l'opinion publique, qu'il mobilisait les débats dans les médias et sur le Web... 541 députés avaient préféré vaquer à d'autres occupations, probablement plus importantes à leurs yeux. 
Cet état de fait nuit gravement à la crédibilité du Parlement et il est regrettable que l'institution parlementaire  s'accommode ainsi de sa propre faiblesse. Depuis des années, j'ai montré que le Parlement resterait une chambre d'enregistrement –quelles que soient les mini réformes engagées– tant qu'une réforme profonde ne serait pas engagée: celle du «mandat unique», rendant impossible le cumul entre mandat national et mandat local. Si l'on veut vraiment revaloriser le travail et la fonction des parlementaires, si l'on veut donner plus de poids au Parlement, pour contrôler un exécutif envahissant et ses risques de dérive, c'est la seule voie efficace. Elle mettra fin au discrédit qu'on inflige au Parlement et, par voie de conséquence, à la démocratie. 
Le PS et la gauche ne peuvent plus se cacher derrière l'attente d'un hypothétique changement législatif, même si on peut tenter de le faire adopter par une proposition de loi lors d'une «niche parlementaire». Il faut commencer à montrer l'exemple immédiatement, en imposant la mise en place de la règle de non cumul dès les prochaines élections régionales. Ce n'est qu'un premier pas vers le mandat unique, mais sans cela, la «rénovation» aura bien du mal à s'imposer et à convaincre. 
J'ose espérer que tu partages mon analyse. Merci de me dire quand et comment cette question essentielle sera soumise à l'approbation des militants du PS, dont je sais qu'ils sont impatients d'en débattre, afin qu'elle devienne un engagement solennel de leur parti.
 
Cordialement.
Paul Quilès
membre du Conseil national du PS, ancien député
Par RS21 - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Vendredi 19 juin 2009

 


 

On apprend que Michelin va supprimer plus de 1000 emplois en France. La faute à la crise bien sûr !!

Aujourd'hui même, on apprend aussi (dans « le Monde ») que Michelin va investir un milliard d'euros sur 10 ans en Inde.

Cherchez l'erreur !!

L'erreur c'est le capitalisme car encore une fois, la richesse ne sera pas redistribuée aux salariés et c'est bien le moins que l'on puisse dire...

 

Par RS21 - Publié dans : BREVES - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Dimanche 14 juin 2009



Je crois qu’il faut aller droit au but dans ce que nous avons à nous dire. Pour ma part, je n’ai jamais été convaincu sur la ligne dite de l’alignement sur le Manifesto et sur la nécessité de se banaliser dans la social-démocratie.

J’ai toujours pensé que le cycle de la social-démocratie s’achevait et que, au contraire, la tradition du socialisme républicain français, l’idée de l’économie mixte, retrouvait une grande actualité avec la crise de l’ultra libéralisme et que nous aurions dû au contraire avoir une stratégie offensive disant que nous, les socialistes français, héritiers de Jaurès, nous voulions porter ces idées comme mutation de la social-démocratie et non comme subies.

 

Mais c’est derrière nous. Les faits ont tranché. Allons à l’essentiel d’aujourd’hui. L’essentiel est de constater deux choses : notre faiblesse est largement née de notre incapacité à incarner une alternative politique et la capacité d’alternance.

Alternative politique, espérance d’un nouveau projet, d’un changement assez radical du mode de société. Il faut bien le dire, Daniel Cohn-Bendit, les Verts, l’alliance élargie qu’ils ont constitués a capté une partie de cette espérance, de ce qu’on appelait jadis « changer la vie ». Nouveau mode de développement, prise en compte de l’écologie, un certain rapport éthique qu’incarnait plus ou moins Éva Joly, les luttes de l’altermondialisation, toute une série de luttes qui ont constitué une sorte de vision, ou en tout cas une ambition.

Et puis de l’autre côté les couches populaires, ceux qui sont plongés dans les duretés d’aujourd’hui, devant les délocalisations, devant les problèmes sociaux et économiques, ceux qui sont pris par l’urgence sociale ne sont pas venus voter parce qu’ils avaient le sentiment qu’on ne portait pas en Europe ni en France une véritable alternance. Et de ce point de vue, cela explique pour une part le fait que Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche n’aient pas capté l’ensemble du non de gauche, car dans ce non de gauche une large partie n’est pas venue voter parce qu’ils attentent une gauche d’alternance capable de changer les choses, changer leurs conditions de vie objectives.

Et donc, c’est notre responsabilité de faire que très rapidement la gauche soit capable de renouer avec ces deux choses. Il n’y aura pas d’alternance dans ce pays sans un rassemblement de l’ensemble des forces de gauche, il n’y aura pas d’alternative dans ce pays si nous ne sommes pas capables de créer une nouvelle synthèse entre toutes les traditions de la gauche et du mouvement écologiste. C’est pourquoi, nous le savions avant ces élections qui ont tragiquement développé les dérives que nous connaissons, nous savons depuis longtemps, et en tous les cas je l’ai dit depuis plusieurs mois, nous avons pris des initiatives avec d’autres, nous pensons qu’il faut créer un nouveau front populaire. Je sais bien, les formules ne sont pas importantes en soi, elle voulait quand même dire un certain nombre de choses et si la maison commune correspond à cette dynamique, très bien pour la maison commune. Mais soyons clairs sur ce que nous voulons : derrière l’idée de front populaire, l’histoire nous éclaire : en période de crise, il n’a pas suffi de simplement unifier les partis politiques de la gauche, il a bien fallu aussi y adosser des clubs, des associations, la Ligue des droits de l’homme, toute une série de stratégies qui venaient converger vers la nécessité de se fédérer, de porter des nouveaux progrès sociaux, d’inventer une nouvelle société. Le front populaire, l’idée que je me fais de la maison commune, c’est justement de rassembler les partis de la gauche, mais d’y insérer dans un comité national des autres forces de la société qui sont aujourd’hui souvent très vivantes, je pense à Attac !, à sauvons la recherche, on pourra tous avoir des listes, ils vont irriguer nos propositions. Et souvenons-nous, nous-mêmes, Parti socialiste, quand nous avons réussi à Épinay, nous l’avons fait parce que nous avons agglutiné des clubs et des associations.

Deuxième chose très rapide : il faut partir du fond et du projet. Ce comité doit préparer par des États généraux, sur un travail précis, une charte, un contenu qui définit des points d’appui pour l’identité de la gauche et pour le changement dont nous avons besoin. Cette charte doit aussi être ensuite prolongée par un accord législatif dans lequel on doit respecter chacun de nos partenaires, mais aussi construire un programme d’actions au gouvernement et de transformation de la société.

Et, enfin, oui, les primaires, les primaires entre les adhérents qui se seront impliqués dans ce mouvement pour produire ensemble un nouveau visage, un nouveau contenu. Tous les adhérents des organisations qui auront signé la charte et qui auront établi le programme pourront être consultés pour établir le choix d’un candidat unique de la gauche et de l’écologie.

Voilà le cap que nous devons défendre, on ne doit pas l’imposer à nos partenaires, on doit dialoguer avec eux, mais vous voyez que ce champ culturel amène à une conclusion simple : pour que la gauche retrouve ses couleurs et que notre Parti soit digne de son héritage et de l’avenir, il nous faut une nouvelle synthèse sur le fond politique que ce front populaire permet, il nous faut un rassemblement de la gauche sans ambiguïté au centre parce qu’il tue toutes les capacités de renouveau et de militantisme des milliers d’hommes et de femmes de gauche qui sont aujourd’hui, ni au PS, ni au PC, ni au Front de gauche, ni nulle part et qui attendent une gauche nouvelle.

Marie Noëlle LIENEMANN

Par RS21 - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Vendredi 12 juin 2009
 



Les extraits du texte du "Collectif national pour un front syndical de classe", montre à quel point les militants, qu'ils soient des partis politiques ou des syndicats souhaitent reprendre la parole (à juste titre !) et contester leurs états-majors et leurs stratégies. Il est rassurant, d'une certaine manière, de constater que partout, il y a une nette propension à la contestation des leaders qui trainent les pieds (pour ne pas dire mettent tout en oeuvre) pour ne pas répondre aux revendications et exigences de leurs bases militantes.

Toute ressemblance avec un quelconque parti politique serait purement fortuite !!

 

Que les bouches s'ouvrent  !
« 
Le monde du travail est confronté depuis des années à une offensive des gouvernements, du MEDEF et de l’UE contre l'ensemble de ses acquis sociaux et démocratiques (casse des services publics, de la protection sociale, du droit et de la durée du travail, de l'emploi, des salaires, du logement populaire, de la petite production indépendante, mépris de la souveraineté populaire...). Cette politique de classe, menée au profit des grands groupes capitalistes, est à l'origine de la crise économique actuelle au nom de laquelle le pouvoir prétend accélérer encore sa politique anti-populaire, en l'assortissant d'une répression féroce des résistances.

Face à cette véritable guerre de classe, les luttes sont en effet innombrables depuis des mois dans de nombreux secteurs du privé comme du public. Mais elles souffrent du choix délibéré des états-majors syndicaux nationaux de freiner des quatre fers la mobilisation des travailleurs au nom d'un « syndicalisme rassemblé » au sommet mettant les luttes à la merci des directions, CFDT en tête, qui accompagnent tous les mauvais coups depuis des années et refusent de « globaliser le mouvement » ou de « bloquer le pays ».

 

Des journées d’action espacées de plusieurs semaines aux négociations-bidons avec le gouvernement en passant par le manque total de soutien aux luttes sectorielles ou locales, cette ligne qui décourage les travailleurs les plus combatifs tout en laissant le champ libre au pouvoir est clairement assumée y compris par B. Thibault qui déclarait en mai sur France Bleu Loire Océan : « il faut regarder chaque cas pour ce qu'il est, les réponses à apporter dans le secteur public sont de nature différente de ce qui existe dans le secteur privé, en fonction des branches professionnelles, des activités, il nous faut une forme d'expertise de la situation pour voir quelles sont les revendications les plus appropriées ». Sous le jargon technocratique et le refus de prendre en compte les revendications tout à fait appropriées qu'expriment les luttes, apparaît la volonté délibérée de diviser et de tout faire pour bloquer l’aspiration au « tous ensemble » alors que seule l’union des travailleurs dans l’action leur permettra de gagner sur leurs revendications.

 

En conséquence, les luttes sont laissées à elles-mêmes secteur par secteur voire entreprise par entreprise et le pouvoir a tout loisir de criminaliser les salariés les plus combatifs et d’avancer de nouvelles contre-réformes (travail dominical, 35000 suppressions d’emplois dans la Fonction publique pour 2010...) tandis que le chômage, la précarité et la misère font des bonds de géant. On comprend que Fillon, le casseur des retraites de 2003 et premier ministre d’un gouvernement décidé à « démanteler le programme du CNR », ne puisse s'empêcher de féliciter les directions syndicales pour leur « esprit de responsabilité ». On mesure ainsi le degré de compromission auquel sont arrivés nombre de dirigeants syndicaux actuels.

La période qui s’ouvre va aller dans le sens d’un aiguisement de la lutte de classes : la crise, la casse sociale et la répression ne vont pas s'arrêter durant les mois qui viennent, pas plus que les luttes pour y résister. Beaucoup de choses vont donc dépendre de la capacité à mener cette lutte de manière coordonnée et à renouer avec le syndicalisme de classe pour construire un rapport de force gagnant sur les revendications de la base.

 

C'est dans ce contexte que se prépare et va se tenir le 49ème congrès confédéral de la CGT (Nantes, décembre 2009). Pour les syndiqués CGT comme pour l'ensemble des travailleurs, il prend une importance considérable dans la mesure où la direction confédérale entend enfoncer le clou de la CFDTisation de la plus grande centrale ouvrière française et renier définitivement son héritage de classe et de masse. Pour commencer, les documents d'orientation ne seront connus que fin août mais la direction a fixé à fin juin la désignation des congressistes par les Fédérations et les UD, sans donc que les syndicats de base aient pu débattre et mandater les délégués. En outre, la direction a défini les priorités du congrès en formant une « commission ad hoc », menée par Louis Viannet (prédécesseur de Thibault et artisan du recentrage de la CGT et de son adhésion à la CES) et chargée de rendre un rapport sur… les structures de la CGT. Ce rapport adresse bien sûr un satisfecit sur l’orientation actuelle mais stigmatise les syndicats d’entreprise et la fédéralisation. Dans la foulée du désastreux accord de 2008 sur la représentativité, il pose la perspective d'un syndicalisme de service à l'anglo-saxonne, intégré aux institutions officielles, non plus ancré sur le lieu même de l'exploitation mais sur des « territoires », offrant un conseil au salarié plutôt qu'un outil de résistance collective.

L'état-major confédéral espère du même coup, avant et pendant le congrès, contourner le mécontentement d'une grande partie de la base et escamoter les questions centrales du moment : le problème essentiel de la CGT est-il celui des structures ou celui de l'orientation ? quel est le bilan pour les travailleurs de la stratégie du syndicalisme rassemblé et du primat de la négociation « tous azimuts » entre « partenaires sociaux » ? la CGT va-t-elle continuer à s'inscrire avec Chérèque, Monks ou Sarkozy dans la perspective d'un capitalisme horizon indépassable de l'humanité qu'il s'agit simplement de moraliser ou va-t-elle être replacée sur ses orientations fondamentales qui posent comme incontournable la socialisation des moyens de production et d'échange pour réaliser une société juste ?

Ces débats vitaux pour le mouvement populaire et pour la CGT elle-même, il est essentiel que les organisations de base s'en emparent, qu'elles se ressaisissent de leurs prérogatives (le congrès est théoriquement le congrès des syndicats) et se réapproprient l'outil syndical en s'appuyant sur les luttes. Sauver la CGT en replaçant « la grande dame » sur ses fondamentaux de classe et de masse, tel doit être le mot d'ordre actuel ; cela suppose que « les bouches s'ouvrent », comme le réclamait déjà un dirigeant du mouvement ouvrier dans les années 30, et que des liens se tissent entre syndicats et camarades prêts d'une manière ou d'une autre à livrer bataille.

 

Ce travail à la base auquel le CNFSC essaie de contribuer est d'autant plus nécessaire que le pouvoir, fragilisé par sa crise et la résistance populaire, est en train de franchir une nouvelle étape dans sa dangereuse dérive autoritaire : limitation du droit de grève (cheminots, enseignants), fusion de la DST et des RG pour surveiller le mouvement social, entraînement de l'armée à la contre-guérilla urbaine, ouvriers de nombreux sites industriels confrontés aux vigiles du patronat, aux CRS et aux poursuites judiciaires, arrestation de 74 syndicalistes d'ErDF-GrDF à Paris ou du responsable CGT Charles Hoareau à Marseille, matraquage de manifestants et d'étudiants « bloqueurs », « mise au placard » de personnels universitaires, répression tous azimuts en Guadeloupe, poursuite de la chasse aux ouvriers dits « sans-papiers », arrestation d'enfants à la sortie des écoles, ...

 

Outre la bataille permanente à mener pour le « tous ensemble en même temps » et le renouveau du syndicalisme de classe, rien n'est aujourd'hui plus urgent que de mener campagne contre la répression anti-ouvrière et anti-démocratique et d'affirmer haut et fort notre soutien l'ensemble des militants arrêtes et traînés en justice en revivifiant la solidarité de classe ancrée au plus profond de l'histoire du mouvement ouvrier. »

Par RS21 - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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