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Samedi 26 avril 2008

 

 

Je vous livre l’excellent texte de Rémi LEFEBVRE, politologue et camarade du Nord.

« La machine à trahir » aurait-elle fait une nouvelle victime ? Arnaud Montebourg, député, a été élu, le jeudi 20 mars 2008, président du conseil général de Saône-et-Loire. Farouche défenseur du mandat unique et partisan non moins résolu de la suppression des départements, le fondateur de la Convention pour la VIe République n’aura résisté que deux mandats à la loi d’airain de la professionnalisation politique.
Le rénovateur a cédé aux charmes conservateurs de l’institution départementale. Le voilà normalisé et le combat pour la limitation du cumul des mandats sans doute durablement désarmé au PS. Le cumulant a pour lui une certaine lucidité : « J’étais un intrus dans le système, maintenant je suis plus conforme », déclare-t-il à Libération le 23 février 2008.
Avant de rentrer dans le rang, l’avocat est longtemps apparu comme un franc tireur cultivant jusque dans son éloquence une certaine hétérodoxie. Le parangon de vertu républicaine fit de « la modernisation » de la vie politique et du changement des institutions une marque politique.
Son brûlot, La machine à trahir, paru en 2000 aux Editions Denöel, est un réquisitoire contre les institutions de la Ve République. Ses pages parmi les plus sévères portent sur… le cumul, la décentralisation et le conseil général. Dans un chapitre consacré à « la dictature des élus locaux », il stigmatise « les féodaux du suffrage universel » qui « ont pris le pouvoir dans les chefs-lieux, parfois jusqu’à l’ivresse » (page 106).
« Le pouvoir, écrit-il, ses attributs et ses indemnités sont l’âme de leur passion première ». Leur vocation essentielle est « leur propre réélection » (page 109). La décentralisation est « une usine à fabrication de notables, génération après génération » : « les plus jeunes[1] vont succéder aux plus vieux, avec le même souci de conservatisme des structures administratives, en en faisant payer aux territoires leur inefficacité maladive ». Le poids du conseil général est dénoncé avec soin : « Imitation miniature des défauts nationaux de la concentration des pouvoirs, le département symbolise l’échec de la décentralisation » (page 121). Et le procureur d’appeler de ses vœux une suppression du département, « urgente car elle participera à la véritable libération des territoires » (page 129).
On tient là peut-être la secrète motivation d’Arnaud Montebourg : une vocation de « libérateur » des territoires et de fossoyeur du département. Le nouveau conseiller général chercherait-il à subvertir l’institution qu’il préside en contribuant à la suppression du département ? Il est fort probable au contraire qu’il rejoigne avec le temps les rangs des départementalistes, organisé en un puissant lobby, transpartisan, particulièrement influent au Sénat (comme il l’a démontré lors du débat sur l’acte II de la décentralisation en affaiblissant son orientation initiale qui était régionaliste).
En mai 2003, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon défendent encore le mandat national uniqueet la fusion des échelons territoriaux dans la motion qu’ils présentent au congrès de Dijon, publiée chez Denoël encore : « les mandats nationaux doivent être des mandats uniques et les parlementaires se consacrer pleinement à la tâche pour laquelle ils sont élus » (page 62).
Pour motiver sa décision de cumuler, Arnaud Montebourg a largement puisé dans le répertoire traditionnel de légitimation du cumul qu’il avait lui-même dénoncé : « ne pas apparaître hors sol » (l’était-il dans la mesure où, en tant que député, il est élu dans le cadre d’une circonscription où il peut rendre des comptes à ses électeurs) ou « acquérir de la crédibilité » (la direction d’un exécutif départemental la confère-t-elle ? la crédibilité est-elle affaire de concentration de pouvoir ?).
A ces arguments qu’il jugeait naguère spécieux, il ajoute des considérations liées au statut d’opposant du PS. Il s’agit de résister au « sarkozysme », de « préparer l’alternance » et de développer des politiques locales qui pourront être généralisées lorsque le PS aura retrouvé le chemin du pouvoir. Oui mais pourquoi alors conserver son mandat de député ? L’argument pourrait porter si les politiques locales menées par le PS étaient politisées et si les collectivités locales étaient construites, comme ce fut le cas dans les années 70, comme des contre-pouvoirs. Mais ce n’est pas le cas.
Les élus socialistes ont renoncé depuis bien longtemps à faire des pouvoirs locaux des outils de transformation sociale ou de lutte contre les inégalités. Les régions arrachées à la droite en 2004 devaient constituer des « vitrines » du socialisme. Il n’en fut rien. Que sont devenus par exemple les « emplois tremplins » ? L’autonomie locale est la règle. Chaque élu est maître dans son territoire et le parti a renoncé à contrôler ses élus. Ces derniers dans une logique notabiliaire classique cherchent avant tout à conforter leur implantation et répugnent à tout marquage partisan ou idéologique de leur action.
La vieille notion de « socialisme municipal » a été exhumée pendant la campagne mais ses contours idéologiques apparaissent très flous. Le PS a produit à l’occasion du scrutin un des programmes municipaux les plus courts de son histoire : quatre pages d’objectifs très généraux sans valeur prescriptive pour les communes.
Les raisons de ce renoncement sont plus triviales. Arnaud Montebourg a échappé de peu aux dernières législatives à une sortie du jeu politique qui aurait sans doute été irréversible. Il n’a été réélu qu’avec 50,37% des suffrages au terme d’une campagne particulièrement disputée. Il dit lui-même avoir connu « une near political death experience ». Il cherche ainsi par le cumul à « sécuriser » sa carrière politique (le cumul comme assurance « vie politique ») et à conforter son implantation locale (comme François Hollande en Corrèze, Claude Bartolone en Seine saint Denis, ou Laurent Fabius, futur président du Grand Rouen…) alors que le PS s’installe durablement dans l’opposition.
Arnaud Montebourg est bien à l’image d’un PS de plus en plus notabilisé et professionnalisé où domine un cynisme de plus en plus affirmé. Alors qu’il a perdu il y a moins d’un an, pour la troisième fois consécutive, l’élection présidentielle, le PS n’a jamais été aussi puissant sur le plan local. Les notables socialistes se sont repliés sur leurs bastions. Arnaud Montebourg, notable en devenir, cultive le sien. Il ne sera pas le premier « outsider » pourfendeur des élus à être devenu notable lui-même. La contestation du pouvoir des notables est traditionnellement un discours d’entrée en politique au PS.
Le cas « Montebourg » pose à la science politique une question classique. Faut-il incriminer « l’acteur » ou « le système » ? Le PS, dominé par un électoralisme de plus en plus prégnant,ne produit guère d’incitations à la vertu et n’oppose plus aucune résistance à la professionnalisation politique. La « logique des élections intermédiaires » assure au PS de confortables positions locales qu’un appareil partisan déliquescent n’est pas en mesure de pouvoir contrôler. Les cumulants socialistes invoquent souvent le « système » pour justifier qu’individuellement ils pratiquent un cumul qu’ils peuvent par ailleurs dénoncer dans leurs prises de position.
Pour ne pas se « désarmer » face à l’adversaire, la limitation doit être une règle générale (et non interne à une organisation). C’est la position, commode, qui avait été avancée lorsque le Sénat s’était opposé en 2000 à la suppression du cumul des députés-maires. L’exemplarité a pourtant des vertus en politique et le PS s’honorerait d’appliquer à lui-même les règles du jeu qu’il souhaite imposer à tous. Sur le plan électoral, cette exemplarité compenserait très probablement les pertes liées à la déconcentration des mandats.
La limitation du cumul des mandats perd ainsi un de ses plus ardents défenseurs. François Rebsamen ne s’y est pas trompé d’ailleurs : « au moins on n’entendra plus parler du cumul des mandats » (Libération le 23 février 2008). Un espace politique est peut-être disponible pour un nouvel « outsider ». Arnaud Montebourg s’était engagé à ne pas prolonger au-delà de trois mandats son activité de parlementaire. Serait-ce l’autre raison inavouée de sa volonté de cumuler (ménager l’avenir…) ? Ou faut-il s’attendre à un nouveau renoncement ?

[1] Arnaud Montebourg a 46 ans, ce qui est assez jeune pour un président de conseil général.

Rémi LEFEBVRE

par RS21 publié dans : CONGRES PS 2008 communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Vendredi 25 avril 2008



Ouf ! Sous la pression et après avoir déclaré dans un premier temps, lors d'un déplacement, qu'il ne présentait «aucun risque d'attenter à quelque liberté que ce soit », Michelle Alliot-Marie recule sur le dossier du logiciel ARDOISE que nous avions évoqué il y a peu sur ce blog.

 

Elle précise vouloir souhaiter «réfléchir à la pertinence des critères retenus pour ce logiciel», «au regard des besoins d'enquêtes». Selon l'Intérieur, il s'agira de «corréler les besoins de la police et de la gendarmerie avec le respect des libertés individuelles».
Elle suspend donc l’expérimentation d’Ardoise dont l’une des spécificités était de renseigner dans le profil des personnes liées à une enquête des données « particulières » : appartenance syndicale, identité transgenre, sans domicile fixe, personne âgée ou bien encore orientation sexuelle.

On ne peut que s’en réjouir !!

par RS21 publié dans : BREVES communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Jeudi 24 avril 2008


Voilà la Une du journal Le
Monte tiré par la société "blabla" , à 35.000 exemplaires (pastiche du Monde), où l’on peut lire le titre :  "Nicolas Sarkozy est mort". Le tout, illustré par des photo-montages dont la qualité ne permet pas de douter qu'il s'agit bien d'un pastiche. 
Un pastiche cependant qui  déchaîne les passions à un  moment où les journalistes prennent l’habitude malencontreuse d’annoncer des fausses morts (1). Certains commentateurs du jour y voyaient même une fin prémonitoire... Le Monte sera disponible dans les kiosques demain au prix de 3 euros. 

Question ?  : peut-on « jouer » avec une mort annoncée mais fictive,  qui plus est, celle du Président de la République ??

Réponse : Ce Président joue lui même en permanence avec le faux, genre « La vérité si je mens », adepte de la pure fiction : Fausses promesses, Faux SMS supposé, Faux pas effectifs, faux électeur présumé, faux-frère, faux cul sans aucun doute… Même s’il s’inscrit souvent en faux, il a  bel et bien un emploi fictif : celui de vrai faux Président de la République ! Alors ce qui devait arriver arriva : il est mort pour de faux !!! Il est tellement dans l’irréalité, avec son côté dit « bling-bling » qu’on savait déjà qu’il finirait forcément en « fashion victim » car rouler des épaules ne donne pas la carrure !!! 

Mais soyons dignes, éthiques et humains et ne prenons pas nos presque désirs pour des réalités !

(1) la vraie bourde de la semaine, c’était l’annonce de la fausse mort de Pascal SEVRAN, sur Europe 1 et France 2 !
  

par RS21 publié dans : EN SARKOZIE communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Lundi 21 avril 2008

 



LA NOUVELLE DECLARATION DE PRINCIPES DU PS

Ce vade-mecum idéologique, proposé par 98 % des cadres de la direction et censé avoir été rédigé par la Commission Nationale à la Rénovation du PS (ravie de l’apprendre !! Déléguée Fédérale à la rénovation je n’ai été au courant d’aucune réunion programmée pour son élaboration !!!) trace les grandes perspectives pour les années à venir. Il est supposé reprendre les fondations d’une rénovation attendue depuis quelques années déjà !
Ce texte est-il donc une clarification idéologique ??
Pas sûr, pour la bonne et simple raison qu’ il semble avoir été rédigé de façon à satisfaire tous les courants du PS : des Fabiusiens (maintien de quelques fondamentaux idéologiques phares) en passant par les Strauss-Khaniens (démocratie sociale et capitalisme régulé), sans oublier les ségolénistes (et leur démocratie participative). Cette astuce réduira sans aucun doute, de beaucoup, l’aspect polémique des débats.
A noter, toujours cette propension à la réthorique dans le texte qui permet de concilier tout et son contraire et que l’on pourrait nommer « antithèse »  (histoire de brouiller les pistes !) comme si le lecteur lisait dans une même phrase, deux propositions séparées par une perte de mémoire !  Et surtout la deuxième proposition de la phrase de préférence, doit dire exactement le contraire de la première (comme dit Mélenchon).
En résumé, une sorte de construction syntaxique qui traduit le pouvoir des formules magiques ou plutôt les formules magiques du pouvoir !
A noter aussi l’article sur le PS et l’Europe qui fait grincer des dents tant il ne fait apparaître aucune analyse critique  sur  la construction de l’union Européenne, à travers la constitution notamment !
Enfin j’attends impatiemment de voir comment va se traduire rapidement cet article sur notre démocratie interne: «Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux.» On a déjà été échaudés en la matière !! alors reste la preuve par l’exemple … !
Bref, à prendre avec des pincettes pour chaque camarade qui devra se faire une idée sur la question avant de voter  le 29 mai prochain. Mais bien franchement, rien de très nouveau sous le soleil !!
On attend par contre, la nouvelle mouture des statuts du Parti qui elle, risque de déchaîner davantage les passions….

par RS21 publié dans : RENOVATION SOCIALISTE communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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Lundi 21 avril 2008

 

 



Le livre blanc sur la fonction publique, remis le 17 avril au gouvernement, par Jean Ludovic SILLICANI, conseiller d'Etat suggère de :

- renforcer le recours aux contrats de droit privé et l'évaluation des fonctionnaires au mérite, une évaluation pouvant conduire à un "licenciement" en cas "d'insuffisance" professionnelle !!
- création d'une "bourse de l'emploi public" où tous les postes vacants seraient mis en ligne, à l'intention des agents.
- mettre en place une fonction publique organisée par "familles de métiers", en sept grandes filières: administration générale, financière et fiscale, sociale, éducation et recherche, culture, technique, sécurité.
- développer l'externalisation de certaines tâches des collectivités territoriales en confiant à des entreprises extérieures une partie de leurs missions, notamment de nature matérielle ou logistique.

Le moins que l'on puisse dire c'est que ces mesures font craindre une précarisation de la situation des agents, un éclatement du statut de fonctionnaire et une gestion à la tête du client. Cette réforme de la fonction publique met en cause des aspects essentiels de la stabilité de l'emploi des fonctionnaires et par là du fonctionnement de l'Etat et des administrations, de sa transparence, de son indépendance de sa neutralité et son impartialité.
SARKOZY et sa clique ont vraiment le syndrome américain : « travailler plus pour gagner plus », s'endetter (relancer la fameuse croissance), dégraisser le mammouth... Les Américains ont fait "more of the same" et ils sont épuisés, surendettés, avec un système éducatif déplorable une santé mentale collective à donner des frayeurs et un taux de chômage minoré par des astuces que nous ne connaissons pas encore ! Diviser pour régner et allumer des incendies (pour détourner l'attention et s'enorgueillir de les avoir éteints) est une forme de politique ancienne mais toujours efficace. Et nous, distraits, d'oublier l'économie casino avec le prix des logements qui double en une décennie, le prix du carburant qui prend 60% en six ans, les tarifs douaniers qui dégringolent pour nous mettre en concurrence directe avec des pays où les salariés sont payés au lance-pierre, le prix de la nourriture qui part en vrille, la Constitution européenne refusée clairement par le peuple mais qui passe quand même dans notre dos, la culture des OGM en plein champ quels que soient les risques, la montagne des aides publiques au privé et l'absence totale de vision politique à long terme depuis les années... Pour l'OMC (via l'AGCS) les seuls services publics tolérés à terme sont la police, la justice et l'armée (pour donner une idée de l'espérance de vie de notre fonction publique !!). Ce ne sont pas les fonctionnaires ou un autre bouc émissaire de circonstance qui nous enfoncent, mais notre mentalité collective de troupeau prêt à avaler la première foutaise venue.

Comme dit un prophète : "La maison brûle et nous regardons ailleurs" !!

Alors mobilisons nous car "le service public est notre richesse"

SIGNEZ LA PETITION

par RS21 publié dans : EN SARKOZIE communauté : RECONSTRUIRE LES GAUCHES
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