Comme la chute du Mur de Berlin qui a marqué la fin du système bureaucratique stalinien en novembre 1989, la crise financière mondiale d’octobre 2008 sonne
le glas du capitalisme version toute puissance financière néolibérale. Et ce n’est pas fini, il y a 62 000 milliards de CDS (credit default swaps) au bas mot, nul ne sait les chiffrer, les
effets économiques en cascade, bons et mauvais, sont devant nous.
Comme après l’auto affaissement, désagrégation de l’URSS, de 1989-1991, la dictature mondiale de la finance, de la spéculation entre dans sa phase
d’autodestruction. Une page historique est tournée, des milliards d’humains vont voir peu à peu le monde autrement. L’effondrement de l’idéologie libérale est spectaculaire, comme le fut il y a
moins de vingt ans, celle du monde dit « soviétique ». C’est la déroute : tous ces libéraux qui n’avaient à la bouche que la « main invisible du marché » retrouvent des vertus à l’intervention de l’état, à la
puissance publique, si nécessaire pour les sauver de leur propre banqueroute. Leur hypocrisie saute aux yeux de dizaines de millions de salariés dans le monde entier qui constatent que les
voleurs, spéculateurs, sont épargnés, indemnisés, protégés par les puissants et que tout est tenté pour faire retomber sur les épaules des peuples, des travailleurs, les conséquences de la
catastrophe.
Il y aura
un coût idéologique encore incalculable à ce qui vient de se produire : les illusionnistes, les menteurs ont été obligés de dévoiler leurs grosses ficelles. La BCE « indépendante » qui prétendait
lutter contre l’inflation fait fonctionner la planche à billet à plein régime. Ils nationalisent des banques à tour de bras d’un continent à l’autre, alors qu’hier ils prétendaient que toute
nationalisation « ferait fuir les capitaux », là où ils prétendaient que l’état ne devait plus intervenir, ils y vont au son du canon, multiplient les appels à la « régulation », avec des
réunions internationales et des affichages « politiques » suppliant le « marché de concurrence libre et non faussée », de bien vouloir se plier à leurs rappels à l’ordre
!
C’est la faute aux
Sarkozy-Fillon qui étaient totalement favorables aux subprimes, aux opérations de bourse dérégulées au maximum, qui travaillaient pour leurs copains Bolloré, Bouygues, Lagardére, Dassault,
Pinault. Ils se sont, en dépit de leurs gesticulations et de leurs manipulations médiatiques, auto démasqués : là où ils prétendaient que les caisses étaient vides pour les salaires, les
services publics, les
hôpitaux, les écoles, ils trouvent des dizaines de milliards disponibles pour réparer les dégâts de leurs amis et commanditaires banquiers et actionnaires.
Imaginez 1000 milliards aux US, 300 milliards en France,
1700 au total dans le monde, mobilisés, non pas pour réparer les malversations de banquiers, mais pour lutter contre les pandémies, la faim, les accidents du travail, pour favoriser le
développement durable… Imaginez les centaines de milliards dont il a été prouvé qu’ils étaient disponibles en France, servant à nos quartiers en difficulté, à nos équipements collectifs, à nos salaires… Bien sûr
qu’il y a d’énormes richesses et qu’il faut commencer toute politique nouvelle, anticapitaliste, par le choix de les redistribuer – comme nous le disons sans
cesse.
Ce n’est pas le
moment que les socialistes soient timorés, ni réservés, l’heure est à la promotion d’une rupture avec ce capitalisme finissant, l’heure est à un autre monde. Oui, la puissance publique doit
dominer le marché, balayer, sanctionner, les spéculateurs, sans frémir, sans hésiter, il faut une voie nouvelle pour encadrer immédiatement par un programme d’urgence la relance économique
(le smic à 1500 euros tout
de suite, les 35 h pour tous et le plein emploi, la retraite à 60 ans à taux plein indexée sur les salaires, une Sécu rénovée pour tous…)
Alors oui, la motion C, présentée par la
gauche socialiste unie, à l’épreuve des faits, a «un monde d’avance», elle anticipe sur la crise et ses réponses, elle seule est vraiment socialiste.
Benoît HAMON
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