COMMENT VA VOTER LA FRANCE ABANDONNEE ?

Publié le par RS21

Les résultats du sondage BVA réalisé pour l’association « Agir pour la citoyenneté » dans les « zones urbaines sensibles » laisse prévoir une forte mobilisation électorale pour les prochaines  présidentielles puisque 9 personnes interrogées sur 10 ont en effet l’intention d’aller voter. Un vrai « scoop » si l’on considère le taux d’abstention habituel record dans ces quartiers !

Quelques rappels sur les ZUS

Les ZUS = Zones urbaines sensibles au nombre de 751 en France (voir atlas ici ) sont des territoires infra-urbains définis par les pouvoirs publics pour être la cible prioritaire de la politique de la ville.

4,5 millions de personnes vivent dans les ZUS. En 2005, le taux de chômage y dépasse les 22 %, contre 10,5 % pour les autres quartiers d'une ville comportant une ZUS et 7,8 % ailleurs. Ce « surchômage » touche principalement les jeunes actifs de moins de 25 ans, puisque 45 % sont à la recherche d'un emploi. (voir détails du rapport ici ,  voir aussi cette analyse  sur vote des ZUS en 2002 )

Dans ce sondage, 45 % des électeurs déclarent vouloir voter pour un candidat de gauche (si seulement !!) et 19 % vouloir soutenir un candidat de droite. Cependant ils placent Nicolas SARKOZY en tête des candidats qui « prennent le mieux en compte les problèmes des banlieues (27 %) devant Ségolène ROYAL (23 %). Apparemment ils préfèreront  voter contre Nicolas Sarkozy davantage que pour Ségolène Royal .

Alors à quoi ça sert que Sarko, il se décarcasse pour les banlieues ?!

Publié dans PRESIDENTIELLES 2007

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CFO 06/02/2007 23:41

Je ne résiste pas à ajouter à ton commentaire de cette enquête d’opinion, l’extrait suivant d’une interview d’Emmanuel Todd (Le Monde du 12 nov 2005) :« […] Entre deux élections, la classe politique se laisse régulièrement aveugler par les sondages d'opinion, qui sont le reflet des couches supérieures de la société. Cela donne ces enquêtes qui montrent que Balladur va être élu, que les référendums vont passer facilement... Ce n'est que pendant les campagnes électorales que les milieux populaires s'activent progressivement. Chacun croit alors assister à un changement d'humeur de l'électorat, quand il s'agit, en fait, de l'émergence de l'opinion populaire : celle des gens qui n'ont pas forcément un avis sur tout à tout moment.Depuis dix ans, scrutin après scrutin, l'aliénation des milieux ouvriers et populaires à l'égard de la classe dirigeante au sens large n'a fait que croître : les résultats du dernier référendum du 29 mai sur l'Europe l'ont bien montré. […]»