RENOVA(C)TION
Nous venons d'apprendre que, ne pouvant plus se réunir au restaurant du Cap vert à Quétigny, le FN fait son repas "patriotique" au Palais des Congrès de Dijon, le dimanche 26 novembre à midi.
En 2006 , les Restos ont servi 75 millions de repas à plus de 670 000 personnes. Ces chiffres, malheureusement encore une fois en augmentation (+6,3% en un an !) inquiètent vivement les 48000 bénévoles, car au-delà de l’aide alimentaire, la priorité de l’association est de pouvoir sortir durablement ces personnes de la pauvreté. En les aidant à retrouver un emploi, à s’assurer un toit, et à reprendre le chemin d’une vie « comme tout le monde ». Même si plus que jamais, la loi Coluche prouve sa profonde efficacité en permettant aux dons de progresser encore de 10%, même si le PEAD (Plan européen d’aide aux plus démunis, issu de l’action de Coluche pour ouvrir les « frigos de l’Europe ») a été sauvé et va être pérennisé, bon nombre de politiques locales et nationales ne sont pas encore à la hauteur de la situation.
Ainsi, tout en continuant leur action, les Restos vont se battre pour que les candidats aux élections de 2007 n’oublient pas de prendre ces problèmes à bras le corps dans leurs programmes.
Les priorités de la campagne 2007
De l’hébergement d’urgence au logement : Diversifier les structures d’hébergement d’urgence, ouvrir des accueils de jour, créer des dispositifs de sortie vers le logement social ou la sous-location dans le privé, Inscrire dans la loi le droit opposable au logement, favoriser la mixité sociale. Lutte contre l’échec scolaire : développement des structures d’accompagnement scolaire. Les Restos attentifs à la nourriture qu’ils offrent : veiller à l’équilibre nutritionnel
L’association « Solidarité des Français », identitaires d’extrême droite, a de nouveau décidé de distribuer sa soupe au cochon aux SDF. « Action sociale identitaire » comme se plaît à le préciser Odile Bonnivard (ex membre du MNR mégrétiste), présidente de l’association :
« Nous avons décidé d’aider « les nôtres » avant « les autres. Ce ne sont que des légumes frais mélangés à du lard, des oreilles et des pieds de cochon. Cela donne un bol extrêmement consistant que nous agrémentons d’un verre de vin rouge et d’un dessert : gâteaux ou fruits, suivis d’un café. ».
Ben voyons ! porc + vin rouge rien de tel pour écarter ostensiblement les personnes de confessions musulmane et juive (entre autres).
Agiter le potage sous le nez de gens qui ont faim mais qui ne peuvent pas en manger, c’est une totale perversion. On est bien loin du « tous égaux dans la faim » !
Si encore cette action se revendiquait ouvertement d’une démarche laïque, on pourrait le comprendre, mais il s’agit bien là, d’une véritable insulte à la générosité et au partage. Cette soupe gauloise est discriminatoire, tout simplement parce que même amateur de porc, un SDF basané n’aurait que fort peu de chances de se faire servir, l’allure générale des militants suffisant généralement à dissuader les importuns...
Si cette association, (le coeur sur la main !!), distribuait sa soupe sans se soucier des média, dans l’unique souci d'aider son prochain, le fait que la soupe soit au lard ou à la carotte ne changerait rien à l’affaire ! N'en mangeraient que ceux qui le souhaiteraient...
Mais cette soupe est un outil de propagande ! L’aspect provocation, dont l’objectif est bien de créer une brèche dans les médias au moment même ou Les Enfants de Don Quichote remettent le problème des sans abris au cœur du débat politique français, relève encore d’une vielle « recette » de l’extrême droite pour assurer sa visibilité. Agir pour le bien d’autrui en raison d’idéologies ou de croyances est une chose, le faire dans un esprit de prosélytisme en est une autre bien moins respectable. On peut d’ailleurs s’interroger sur la finalité d’une action de « solidarité » dans la mesure où elle est associée à un discours d’embrigadement politique et communautariste.
Petit rappel historique : les « soupes identitaires » ont commencé dans les années 30 avec le parti nazi qui en offrait uniquement aux « aryens ». En France, c’est le Parti Populaire Français, organisation fasciste de Jacques Doriot, qui faisait ces distributions. On a les références que l’on peut. Et que l’on veut.
NB : La préfecture de Paris a été condamnée pour avoir fait interdire la distribution de cette soupe populaire xénophobe et discriminatoire vendredi 22 décembre 2006. Le tribunal administratif de Paris considérant que ces soupes au cochon ne constituaient ni un trouble sérieux à l’ordre public, ni une discrimination avérée.
Peut-être légal ( ?) la soupe au cochon mais pas très humaniste.
Conclusion : Dis-moi ce que tu manges ou comment tu t’habilles, et je te dirai qui nous sommes.
De toute façon, l’incongruité majeure dans cette affaire, est que l’on doive encore servir des soupes populaires, avec ou sans porc en 2007 !!
On dit qu’ils ont contribué par leur influence certaine, à faire élire Chirac en 1995 (fantasme ou réalité ??). Qu’en sera-til donc pour les élections présidentielles de 2007 ?
Nouveau décor (plus grand, plus beau) nouvelles marionnettes (Marie Georges BUFFET va, parait-t-il faire son entrée), Sarkozy : le nain qui met ses talonnettes pour accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat, Borloo en SDF alcolo, Bayrou et ses oreilles d’éléphant etc… avec deux soirées électorales prévues au programme pour le premier et pour le second tour.
Temps de parole non décomptée par le CSA évidemment…
Nouvelle génération de candidats donc nouvelle génération de marionnettes encore plus offensives mais plus légères et plus drôles, encore nous promet-on ! Ca va donner !!
A ne rater qu’exceptionnellement !
Ce bon réquisitoire d'Eric BESSON (PS) contre Nicolas SARKOZY est vraiment très efficace. Loin de la diabolisation habituelle mais parfois stérile du Ministre de l'intérieur, ici on lit un travail abouti étayé de faits avérés, de preuves, de résultats, de paroles dites etc...
Si seulement les électeurs pouvaient tous le lire, ils seraient ainsi au moins avertis de l'ampleur de la dangerosité du personnage et de sa politique. Ils pourraient alors dire : "je ne voterai pas Sarko et je sais vraiment pourquoi !"
A LIRE ICI (Un peu long mais à lire à tête reposée!)
L'Institut national de la statistique intervient à sa manière dans le débat sur le pouvoir d’achat. Arguant du fait que le consommateur moyen n'existe pas, elle lance un outil en ligne permettant de calculer un indice des prix adapté à sa consommation :
l'indice des prix personnalisé.
Grand renfort de publicité sur les ondes ces jours-ci, pour faire connaître ce soi-disant petit bijou et son originalité ! Il ne sert strictement à rien, puisque ce simulateur fonctionne avec des données qui ont toujours été en ligne sur le site de l'INSEE.
Cet outil devrait soi-disant permettre à chaque internaute de calculer l'évolution de son pouvoir d'achat pour les sept dernières années. En fait, son but inavoué semble bien de réconcilier l'institution avec des français qui doutent et qui pensent qu'on leur ment. Il voudrait ainsi tenter de répondre aux nombreuses critiques émises par les politiques et les associations de consommateurs sur le calcul de l’inflation. En cause notamment, la notion de moyenne, accusée de ne pas refléter la réalité des français, surtout des plus pauvres.
Alors, croire que ce site va changer la vision des choses relève d'une réelle naïveté ? D'ailleurs bien prudent, l'INSEE qui prévient que « les résultats obtenus sont donnés à titre indicatif » et « ne se substituent pas aux différents indices de prix publiés par l’Insee ».
Un vrai leurre car ni l'INSEE, ni personne ne publiera jamais un indice des prix réellement personnalisé, tout simplement parce qu'il y a 60 millions d'habitants en France, et que personne n'est techniquement capable de donner un indice personnalisé pour chacun d'entre eux. Et encore qu'on y parviendrait y-aurait-il une quelconque utilité ??
Beaucoup de bruit pour rien !
Cette semaine, passage obligé pour les candidats arborant leur plus bel air « terroir » : culs des vaches à caresser, saucisson à dépiauter comme on peut, tracteurs à essayer… la campagne est au salon ! de l’agriculture…
Après avoir signé le pacte écologique et discuté avec les chasseurs, les voici tous au chevet des agriculteurs et de leurs bêtes : veaux, vaches, cochons………..
Mais 4 % d’électeurs réputés pour leur sens civique, ça s’ensemence et ça se cultive dur !
Ségolène ROYAL s'entraîne "ferme" à Auch en déclarant : « Le monde agricole peut être aussi une école de l’intelligence »… Ambigu !
On attend une déclaration genre : « Quand on a des racines profondes, on peut s'élever haut » de Nicolas SARKOZY ou de BAYROU...et de LE PEN : "l’agriculture humaine et naturelle n’est possible que dans un cadre national donc français" !
Bref, pas de surprise, dans ce genre de manifestation on reste toujours désespérément sur le plancher des vaches !
En ces temps de vacances scolaires où certains d’entre nous se réjouissent de quitter leurs pénates, où certains quartiers sont inhabituellement calmes, où l’on trouve très facilement à garer sa voiture pour quelques courses en ville, il est bon de garder en mémoire les informations intéressantes en provenance de l’Observatoire des Inégalités. Vacances pour ceux qui restent !
La moitié des ouvriers partent en congés chaque année, contre 90 % des cadres...
Le taux de départ en vacances a légèrement augmenté entre 1994 et 2004, de 62 à 65 %. Il n’en demeure pas moins que 21 millions d’entre eux n’ont pas bougé de leur domicile par choix ou par contrainte selon l’Insee (Insee première n°1093 - juillet 2006).
Ainsi, 37% de ceux qui ne sont pas partis l’on fait faute de moyen, contre 20 % par choix, 15% pour des raisons de santé et 10% pour des raisons professionnelles. Et les inégalités d’accès aux vacances se creusent. Ces inégalités se retrouvent aussi dans le type de congés : les plus modestes préfèrent les longues vacances estivales (17 à 18 nuitées), principalement dans la famille, alors que les plus aisés partent moins longtemps, mais plus souvent, de préférence en circuit, à l’étranger et en hôtel. Presque tous les cadres supérieurs partent en congés contre moins de la moitié des ouvriers. Le taux de départ progresse chez les indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs, et de façon moins importante chez les cadres. Mais il stagne ou diminue légèrement pour les catégories moyennes ou populaires. Le niveau des revenus détermine en grande partie le fait de partir en vacances ou non : 53,9% des personnes faisant partie du quart de la population aux revenus les plus bas n’ont pas eu la possibilité financière de quitter leur domicile pendant les périodes de congés.
Vous allez probablement me dire : encore une vieille idée éculée digne d’être ressortie de derrière les fagots par Rénova(c)tion socialiste : mais n’empêche et ne vous en déplaise, les possédants ou autrement dit les détenteurs du capital s’enrichissent encore plus et toujours sur le dos des salariés !
Cette affirmation est de plus en plus évidente à la lecture des comptes des grandes entreprises et des multinationales.
Les quarante plus grandes entreprises françaises (celles du CAC40) ont vu leur bénéfice s'améliorer de 10 % en moyenne, l'an dernier, pour un chiffre d'affaires progressant dans les mêmes proportions. Elles ont ainsi atteint le niveau record de 96,3 milliards d’euros en 2006. + 218 % entre 1993 et 2005.
Inutile de préciser évidemment que les salaires, eux, n’ont pas connu une telle embellie. La masse des salaires distribuée entre 1993 et 2005 n’a augmenté, elle, que de 135 % sur la même période. Impressionnant ! L’emploi n’en a pas non plus bénéficié dans ces mêmes entreprises.
Le plus surprenant ! c’est que tout cet argent accumulé, qui n’améliore pas les conditions de travail des salariés, n’est donc pas utilisé pour l’investissement mais placé de façon spéculative sur les marchés financiers, en premier lieu, les marchés financiers des Etats-Unis. Ce qui contribue à renforcer la suprématie technologique et financière de l’économie américaine et les déséquilibres de l’économie mondiale. Il n’est pas investi non plus pour relever le niveau de la recherche privée, notoirement insuffisant en France et en Europe. Il va directement dans le portefeuille des actionnaires. Les dividendes versés devraient atteindre quelque 38 milliards d’euros !
Alors on disserte beaucoup sur le « coût du travail » (comme Sarkozy qui ne cesse de déclarer que le « coût du travail plus élevé en France que dans les autres pays européens » serait responsable du chômage.)… et si on s’attaquait un jour au coût du capital ? Le réduire pour accroître les salaires et les emplois serait peut-être une piste parmi d’autres pour dynamiser la croissance …De quoi aussi, remettre en cause toutes les analyses négatives sur les 35 heures ; et de quoi s’interroger sur la politique salariale du patronat français !
A 35 jours de l’élection présidentielle ? Peut-on y penser ? Non ?
Dernière nouvelle :
La police a aujourd’hui interpellé la directrice de l’école maternelle de la rue Rampal a été interpellée vendredi et placée en garde à vue, a-t-on appris auprès de la préfecture de police. Elle a été interpellée pour « outrage et dégradation de biens public en réunion », a-t-on précisé de même source. Elle a été placée en garde à vue au commissariat Erik-Satie du XIXe arrondissement.
Des parents d’enfants des écoles primaires et maternelles Rampal et Lasalle à Belleville (Paris 19ème) ont décidé de se rendre ensemble vendredi matin le 23 mars au commissariat de leur quartier pour porter plainte contre des violences policières dont ils ont été victimes le 20 mars entre 16H30 et 18H00, nous informe le Réseau Education Sans Frontière.
Le mardi 20 mars 2007, la veille de l’annonce du départ de Nicolas Sarkozy du Ministère de l’intérieur, à la sortie de l’école, des parents d’élèves et des enfants ont assisté à l’arrestation musclée d’un grand-père d’origine chinoise, suite à un contrôle d’identité dans un café qui jouxte quatre écoles, à l’angle des rues Rampal et du Général Lasalle.
Cette personne qui s’apprêtait à aller chercher l’un de ses petits-enfants dans une autre école, située impasse Piver (11ème), a été arrêtée par un grand nombre de policiers, accompagnés de chiens.
Alors qu’il n’opposait aucune résistance, il a été menotté et jeté violemment dans une des trois voitures qui bloquaient le carrefour. Cette arrestation spectaculaire et musclée, survenue sous le regard des enfants, a entraîné l’indignation des parents rassemblés devant l’école Rampal.
Face à cette protestation, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à brandir leurs matraques et auraient répandu massivement des gaz lacrymogènes.
Les enfants qui sortaient des écoles n’ont pas été épargnés par les gaz, entraînant toux et brûlures, selon des témoins. Parents, enfants et enseignants ont dû se réfugier dans les écoles maternelles et primaires en attendant la dissipation des gaz.
Avec l’arrivée des renforts de policiers et l’utilisation des bombes lacrymogènes, certains faits n’ont pu être filmés : un policier a empoigné fermement la caméra de Juliette pour neutraliser son travail de témoignage.
La préfecture a finalement ordonné la libération du grand-père d’origine chinoise mercredi vers 16h20. Son délit était d’être en situation irrégulière.
La veille lundi, devant ces mêmes écoles, la police avait déjà arrêté une jeune femme d’origine chinoise, venue chercher sa nièce scolarisée en maternelle. Suite aux protestations des parents, elle avait été finalement relâchée quelques minutes plus tard.
Des parents ont porté plainte pour violences policières à l’antenne de police située rue Pradier, vendredi 23 mars à 8h45.
Le Parti socialiste s’est rapidement déclaré “choqué de l’usage de la force à l’encontre des parents d’élèves qui ont exprimé leur solidarité face à l’interpellation de parents et grands-parents en situation irrégulière venu chercher leurs enfants à la sortie d’écoles parisiennes.
Ces incidents sont graves. Une enquête devra être menée sur l’usage de gaz lacrymogènes à proximité d’une école.
Le Parti socialiste dénonce les méthodes scandaleuses utilisées pour traquer les étrangers. Après les distributions des Restos du Cœur, ce sont les sorties d’écoles qui sont visées.
Ces pratiques devenues courantes sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy ne sont pas seulement choquantes sur le plan moral, elles sont également dangereuses parce qu’elles isolent les populations visées, les marginalisent et les condamnent à s’en remettre aux filières clandestines. “
Images signées Juliette Warlop
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